Pierre Caillot,
le tempo érigé en art

Pierre Caillot, percussionniste et professeur de musique au conservatoire Maurice-Baquet ne perd jamais le rythme. Après s’être produit en première partie du spectacle de Jeanne Cherhal, à l’Espace Michel-Simon, le 18 décembre dernier, il prépare la tournée du chanteur Ben Ricour. Portrait.
"A Noisy, si vous avez un projet bien ficelé et une réelle motivation vous trouverez toujours quelqu’un pour vous écouter." Pierre Caillot sait de quoi il parle. À 18 ans seulement, après 12 ans de batterie à l’école de musique de Noisy-le-Grand, il devient professeur à son tour. Il est en mesure, alors, non seulement de vivre très tôt de sa passion... mais aussi de la transmettre. Un luxe qu’il mesure à sa juste valeur. « Je suis né sous une bonne étoile », dit-il. En juin dernier l’Espace Michel-Simon lui a permis de diriger un ensemble de percussions dans le cadre du festival des Festiv’eau. "Ma troupe a pu se produire devant 15 000 personnes ! C’est rare car toutes les villes ne sont pas capables d’organiser de tels événements."
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Après une brève expérience parisienne, Pierre choisit de revenir à Noisy. Il aime son dynamisme, son brassage culturel « que l’on ne trouve pas ailleurs ».

« Noisy a une âme, poursuit-il. C’est une ville riche de la diversité de ses quartiers : anciens, neufs, ses bords de Marne et sa vieille église. » À la trentaine, il décide de devenir musicien professionnel. « J’ai rencontré une ex-animatrice de Récré A2, Marie Dauphin, se souvient-il. Ce qui m’a conduit à produire des compositions pour enfants, Les Contes en chantant.

Un tournant dans sa carrière. Un musicien très demandé Par la suite, le musicien accompagne sur scène ou en studio, différents groupes et artistes : Ben Ricour, Sporto Kantes, Didier Billet, DJ Dee Nasty, DJ Flex, Bonney M, Drôle de Sire... Par ailleurs, il participe à l’organisation d’événements prestigieux comme les jeux paralympiques d’Athènes en 2004. « J’ai dû recruter, à cette occasion, 50 percussionnistes en Grèce, et 6 solistes en vue de composer 2 heures de show pour 80 000 spectateurs. » Pierre n’en a pas pour autant
renoncé à l’enseignement. « Je pousse mes élèves à donner le meilleur d’eux-mêmes. Lorsque nous nous produisons devant un public, les spectateurs doivent oublier qu’ils applaudissent des élèves du Conservatoire. » Ce que confirme Yannick Carl, 20 ans, étudiant en Histoire de l’art, « Il est mon professeur depuis l’âge de 5 ans.
Il est généreux, exigeant, bien organisé, structuré et il sait aussi être à l’écoute.»

Les bords de Marne,source d’inspiration ?
Parfois, vers 2 ou 3 heures du matin, après un concert, Pierre Caillot aime à se ressourcer sur les bords de Marne. « C’est très reposant. C’est tout le charme de Noisy : la nature dans la ville ! De nombreux musiciens vivent ici, assure-t-il. C’est le cas du batteur Reda Samba, qui a été mon élève ou de Pierre Sangra, le guitariste de Thomas Fersen. Les artistes, les infrastructures et les compétences de production sont là... »

D’où une idée qui a germé récemment dans son esprit : créer un festival 100 % Noisy. À suivre...■