Le CNES veut faire le ménage en orbite géostationnaire
Satellites, étages de lanceurs abandonnés ou débris spatiaux résultant d’explosion ou de collision… l’orbite géostationnaire est de plus en plus encombrée. Le CNES tire la sonnette d’alarme et organise le 25 janvier* une rencontre pour informer et convaincre les opérateurs de l’importance des mesures à appliquer.

Au 1er janvier 2005, 1124 objets de plus d’1 m se trouvaient sur l’orbite géostationnaire. Parmi eux, seulement 346 étaient des satellites opérationnels.

En orbite basse, les satellites se trouvant en dessous d’une certaine altitude retombent naturellement sous l’effet des frottements atmosphériques. Ce n’est malheureusement pas le cas en orbite géostationnaire…

D’où cette pollution de plus en plus nuisible :

Illustration
  1. Ces débris peuvent traverser la fenêtre de stationnement d’un satellite en service.
  2. Toute explosion au voisinage de cette orbite peut avoir des conséquences catastrophiques, générant de nouveaux débris et de nouveaux risques de collision.
  3. une pollution trop importante pourrait à terme interdire l’utilisation de cette zone particulièrement utile.

Fort heureusement la prise de conscience puis la mobilisation des acteurs du spatial ont conduit en 1993 à la création d’un comité interagences, l’IADC**. Son rôle : développer la coopération entre ses membres, mais surtout définir en commun les mesures de prévention à appliquer dans l’espace.

En conséquence, depuis 2002, les agences européennes ont mis au point un code de conduite visant à faire observer des règles de prévention facilement applicables. Dans le cas particulier de l’orbite géostationnaire, la recommandation consiste à augmenter d’environ 300 km l’altitude des objets arrivés en fin de vie, puis à les passiver pour éviter tout risque ultérieur d’explosion.


Bien qu’elles ne soient pas encore obligatoires, ces mesures sont déjà appliquées par un tiers des opérateurs.

Pour faire l’état des lieux, le CNES a décidé d’organiser une rencontre entre les agences spatiales et les principaux opérateurs et industriels sur le thème des opérations de fin de vie pour les satellites en orbite géostationnaire. Objectifs :

  1. faire le point sur les discussions en cours aux Nations Unies et à l’IADC pour aboutir à un consensus international sur les mesures à appliquer,
  2. présenter les documents disponibles, notamment le Code de conduite européen sur les débris spatiaux,
  3. faire un 1er bilan des opérations de fin de vie déjà réalisées par certains opérateurs, afin d’identifier les difficultés de mise en œuvre et de faire évoluer la réglementation si nécessaire.
Cet atelier doit réunir une cinquantaine de participants représentants les agences spatiales, certaines administrations ainsi que les principaux opérateurs et industriels.

* Au siège du CNES : 2, Place Maurice Quentin - Paris 1er

** IADC : Inter Agency Space Debris Coordination Committee