« L’actionnariat salarié, un élément  fort de la rémunération globale »

L'épargne salariale, et plus particulièrement l'actionnariat salarié, constitue un des leviers de la politique sociale du groupe Auchan. Pour preuve: la quasi-totalité des salariés français (98 %) de l'entreprise sont actionnaires.

Aux dires d'André Her, conseiller ressources humaines d'Auchan France, l'épargne salariale a non seulement une vocation économique, mais aussi humaine' au sein du groupe de distribution.
L'Avoir est, en effet, une des trois valeurs fondatrices du Groupe - avec le Pouvoir et le Savoir -. Ainsi, systématiquement, lorsque l'on rentre dans l'entreprise, on participe aux fruits du travail. Un partage en trois niveaux. Pour ce faire, le groupe de distribution a mis en place un dispositif de partage de résultat se déclinant sur trois niveaux. Une prime de progrès est distribuée au niveau des magasins, là où se construisent les résultats, à un rythme trimestriel.

Illustration

Elle est calculée à partir des comptes d'exploitation de chaque magasin. Le magasin reçoit 50 % de cette prime qu'il redistribue aux salariés ; 20% reviennent à l'ensemble des autres magasins.

Et un tiers de la prime est investie dans Valauchan, le fonds commun de placement de l'entreprise. « La prime de progrès permet de piloter le résultat de l'entreprise, car le résultat provisoire de la participation est annoncé dès mars, afin de recarder ce résultat et d'impliquer les salariés », précise André Her. Pour un salaire de 1l7 000 francs bruts, l'intéressement équivaut ainsi à environ 7 600 francs. A l'échelon du groupe, le deuxième niveau de partage du profit est celui de la participation. Un tiers du résultat annuel après impôts est distribué à ce titre. La réserve spéciale de participation constituée selon le règles dérogatoires a représenté, en 2000, 641 millions de francs. Soit 12 121 francs pour un salarié émargeant à 9000 francs. Enfin, mis en place en 1977 sous l'impulsion de Gérard Mulliez, le président fondateur, l'actionnariat salarié est une autre possibilité de partage du résultat. Rares sont les salariés qui parviennent à échapper au dispositif, puisque près de 98 % du personnel, sur les 58 000 salariés français, y prennent part. La valeur du fonds, qui n'est pas coté dans son intégralité, est établie régulièrement par des experts qui calculent la « cote »' de l'entreprise en fonction de ses résultats passés et à venir.
Valauchan est à 80% constitué d'actions Auchan et 20% en titres cotés, appelés 'la caisse de rachat'. «  Si le fonds était entièrement non- coté, précise André Her, nous n'aurions pas pu faire face aux remboursements des avoirs des salariés. Car, ceux-ci peuvent effectuer trois ventes par mois, après la durée de blocage 1égale de cinq ans. Même si, dans les faits, il est vrai que les salariés débloquent peu. Le fonds Valauchan est alimenté à 64 % par la participa- tion, à 19% par l'intéressement, et à 17 % par le versement des salariés. De son côté, l'employeur abonde uniquement pour les nouveaux embauchés, à hauteur de 30 % du versement volontaire, jusque 5 000 francs investis dans Valauchan. Cet abondement est imposé à la CSG et au RDS au taux de 8 %, mais il n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu. Le montant de l'abonnement est décidé annuellement.

N.AZOUZ

 

 

.