“Ce que j’ai acquis à Noisy
fait ma force aujourd’hui”

Entre deux stages de préparation au Mondial 2007, qui se déroule en France jusqu’au 16 décembre, le pivot de l’équipe de France de handball, revient sur ses huit ans passés au club de Noisy... ses plus belles années.
On ne devient pas le pivot
du club champion de France (Metz) par hasard. Nina Kanto a la fibre des grands champions. Charismatique, elle l’est sans conteste. En ce mois de novembre, en pleine préparation au Mondial, la pression était bien présente au sein de l’équipe de France, avant le 1er match contre l’Argentine. Les blessées, les incertitudes, son propre état physique (Nina revient d’une entorse au genou)... pourtant, rien ne semble entamer son moral.
« Nous avons envie de bien faire pendant ce Mondial en France et donner du plaisir à notre entourage », lance-t-elle.
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Douce en interview, elle se transforme en véritable battante sur le terrain. La triple championne de France ne lâche rien. « C’est ce qu’on appelle une « gratteuse », elle aime sentir le jeu et intercepte de nombreux ballons », confirme Jean- Jacques Oury, entraîneur des garçons au Noisy-le-Grand Handball Club.

Généreuse et disciplinée. Chacun reconnaît sa puissance, sa vitesse, sa générosité et sa capacité d’écoute... bref, elle aurait pu briller dans de nombreux autres sports. Du reste, elle a commencé par l’athlétisme avec ses deux soeurs. « J’ai finalement choisi le hand pour faire comme ma mère qui a pratiqué ce sport au Cameroun », témoigne-t-elle. Depuis ses débuts, en poussin, à l’âge de 10 ans, Nina a toujours su allier travail et plaisir. « Je suis restée à Noisy jusqu’à l’âge de 17 ans et demi. Christophe Mariller et Thierry Debanne, mes entraîneurs successifs m’ont inculqué la rigueur, la technique. Tout ce que j’ai acquis à Noisy, poursuit- elle, fait ma force aujourd’hui. J’y ai aussi connu les galères liées aux blessures. Ce sont elles qui me permettent de relativiser mes “bobos” d’aujourd’hui.»

Ses attaches au Pavé-Neuf. À cette époque, la championne vit à la Haute-Pierre. C’est au collège Victor-Hugo, situé au Pavé-Neuf, juste à côté du gymnase, qu’elle fait sa plus belle rencontre : « Mon professeur d’EPS, Marie-Pierre Calvini, qui m’a suivie par la suite en Sports Études, m’a appris à canaliser mon énergie. » En dépit de son parcours flamboyant, Nina Kanto continue de vouer un véritable amour à son ex-club : « J’aime ce club, son public. Noisy, c’est ma ville, c’est chez moi. » C’est aussi la ville de ses premiers honneurs, là où vivent ses meilleures amies. Nina sait qu’elle doit beaucoup à son club d’origine. Elle repense avec amusement aux licences jamais payées : « Je n’avais pas les moyens... Je remercie le président d’avoir fermé les yeux toutes ces années. »
Le Mondialito, un déclic pour la relève ?
À l’évidence, Michel Larmonier, président du Noisy-le-Grand Handball Club ne regrette rien : « Avec l’équipe des moins de 18 ans, elle est devenue championne de France. Nina faisait figure de locomotive, précise- t-il. Je l’ai revue au printemps, se réjouit-il, elle est venue voir jouer ses copines, désormais en D2. » De fait, la championne n’oublie pas « les filles du quartier ». « Le Mondialito [ndlr : du 12 au 16 décembre, voir p.31] est une bonne occasion de les intéresser au sport. À l’époque où je jouais à Noisy, je n’étais pas attirée par le haut niveau. Si j’avais pu assister au Champy à six matchs regroupant les espoirs féminins du monde entier, c’est sûr, j’aurais eu le déclic plus tôt. » ■