Des partenaires sociaux conquis
De surcroît, à chaque euro versé, le salarié peut compter sur l’abondement de l’employeur. Par ailleurs, il offre la possibilité de sortie en capital à la retraite et de déblocage anticipé, notamment dans le cas d’achat de la résidence principale. Une disposition qui séduit, bien entendu, les salariés jeunes qui, pour la plupart, n’ont pas coutume de penser tôt à la constitution d’une épargne retraite. Il permet, en outre, à l'entreprise d'aider ses salariés à épargner en franchise de charges sociales et d'impôts (hors CSG-CRDS, voir tableau).
Par ailleurs, son caractère facultatif rassure l’employeur qui y décèle, de plus, le moyen de renouer le dialogue social en berne depuis la Loi Fillon. La forte demande des partenaires sociaux, n’est pas anodine. Si le PERCO est un produit de retraite collectif par capitalisation, il se négocie dans le cadre des accords d’entreprise. Les syndicats ont, en conséquence, leur mot à dire et notamment sur l’abondement des entreprises.

Quelles autres solutions ?
Les organismes gestionnaires des fonds sont des sociétés d’épargne salariale, souvent, gérées paritairement. D’où la préférence des syndicats pour le PERCO. Même si le montage financier reste identique à celui d’un article 83… néanmoins, une partie des sommes doit être affectée à l’acquisition de parts de fonds investis solidairement.
En outre, l’employeur, qui a une obligation de budgétiser ces produits d’épargne salariale ou d’épargne retraite, sait que le PERCO lui coûtera au plus le haut de la fourchette prédéfinie. Il se dit : « Pour le PERCO, je budgétise pour ce que je suis susceptible de payer », « pour l’article 83, je budgétise un montant que je vais payer ». D’où l’attrait exercé par le premier produit.

En résumé, l’employeur a le sentiment de répondre à la question de la prise en charge du déficit des retraites, ainsi qu’aux attentes des salariés et des partenaires sociaux. Mais, est-ce réellement la bonne solution ? En réalité, nous n’avons pas assez de recul, pour l’instant, pour savoir s’il s’agit d’un effet de mode, voire d’un feu de paille. Restons vigilants. Comme il s’agit d’un produit nouveau, il a le vent en poupe. Pourtant, le salarié a-t-il vraiment  la volonté de se constituer une retraite supplémentaire avec ce produit ? Rien n’est moins sûr.

Le PERCO, une rente moindre
En clair, si la promesse retraite revêtait la forme d’une pyramide : à sa base, figureraient les deux régimes obligatoires (1er et 2e pilier), avec d’abord le socle de la sécurité sociale (CNAV), puis les retraites complémentaires (Agirc-Arrco) ; au-dessus se trouveraient un 1er étage de retraite supplémentaire avec l’article 83, puis un 2e étage contenant le PERCO. En somme, si l’on s’en tient au pourcentage de retraite versée, le PERCO devrait être nettement moins productif qu’un véritable produit d’épargne retraite, tel que l’article 83.

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