"La situation n'est pas la même qu'avant avril 2001, où le recrutement externe était extrêmement fort, explique Hubert L'Hoste, directeur de Mercuri Urval, le marché interne représente, désormais, 35% de notre activité." Le cabinet conseil Atefo a été, pour sa part, récemment mandaté par un équipementier automobile pour engager un processus interne de recrutement, et créer des postes de superviseurs. Au bout du compte, malgré des tentatives velléitaires, la promotion interne n'a pas connu de sursaut salutaire... pas encore. Alors qu'elle a concerné 11% des cadres, en 1995, cinq ans plus tard, ce chiffre n'a progressé que de 4% (enquête Apec mobilité 2001).

De surcroît, les seuils entre catégories sont de plus en plus difficiles à franchir. Dès l'instant où, dans l'entreprise, il existe moins de niveaux et donc moins de postes clés, la progression verticale est plus difficile. Du coup, seuls les cadres à hauts potentiels et les experts tirent leur épingle du jeu en matière de promotion. .. qui passe, au préalable, par plus de mobilité transversale. En témoignent les chiffres de la mobilité interne des cadres, qui, elle, est en nette progression.

Polycompétence
Ces mobilités conduisent, elles aussi, à la polycompétence du salarié. "A défaut d'une promotion hiérarchique, constate Jacques Freyssinet, directeur de l'Institut de recherches économiques et sociales, on élargit le portefeuille de compétences des salariés, qui correspond à une double préoccupation de ce dernier : acquérir de nouvelles compétences et accroître son employabilité.
Selon Jean-claude Quentin, responsable secteur emploi et formation à FO: "A cause du développement des logiques de polyvalence et de multicompétences, la rémunération ne dépend plus seulement des qualifications, mais elle se fonde aussi sur des critères comportementaux, dont la détermination est plus qu'aléatoire." Ces différents observateurs constatent, par ailleurs "une réduction régulière" de la promotion, et un "mépris" de la part des branches professionnelles et des entreprises, qui "n'ont pas anticipé l'inversion de la pyramide des âges, dans les dix années à venir. En clair, les entreprises sont vouées à batailler, encore plus fort, pour conserver leurs compétences et pour en trouver d'autres...
Nora AZOUZ, Entreprise § Carrières, 14 mai 2002
(*) L'étude de l'Apec, présentée le 29 janvier dernier, établit à 755 000 le nombre de cadres à remplacer dans le privé entre 2001 et 20 l 0.