La retraite : un édifice à plusieurs étages

Personne ne conteste l'urgence : en 2040, à système inchangé, la France comptera un cotisant pour un retraité, contre 2,2 cotisants aujourd'hui. Pour rendre viables les retraites, plusieurs solutions sont avancées.

Rendre flexible l'âge de la retraite s'avère une solution privilégiée par les observateurs.. Mais, « attention au dumping social !  prévient Yves Chassard, directeur des études chez Bernard Bunhes Consultants. Peut-être un jour, verrons-nous, comme au Japon, des salariés qui ont liquidé leurs droits à la retraite continuer de travailler ? »
Trois piliers
Une autre solution consiste à développer les autres piliers de retraite. Avec le règlement 1408/71, la répartition traditionnelle entre premier pilier (retraite de base obligatoire), deuxième pilier (retraite complémentaire d’origine professionnelle, souvent obligatoire pour les membres d’une profession donnée) et troisième pilier (retraite supplémentaire d’initiative individuelle facultative) vole en éclats.

En effet, au 1er janvier 2000, les premiers piliers de retraite contiennent à la fois le régime de base de la Sécurité sociale, les régimes complémentaires Agirc/Arrco, les régimes spéciaux et fonctionnaires. A ce premier pilier, l’association française des régimes et fonds de pension (Afpen) ajoute le fonds de réserve pour les retraites, créé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 1999, qui doit accumuler 152 milliards d’euros d’ici à 2020.

Le deuxième pilier correspond aux régimes de retraite supplémentaires, retraites en capitalisation facultative. On y retrouve à la dois les contrats article 82 du cde général des impôts, qui sont des contrats d’assurance vie individuelle négociés à titre collectif, ainsi que les articles 83, qui sont des contrats à cotisations définies. De même, y figurent les contrats article 39, qui sont à prestations définies et qui offrent une rente viagère, dont le niveau est fonction du salaire antérieur. Les institutions de retraite supplémentaire (IRS) font partie, également, du deuxième pilier. Celles-ci seraient au nombre d’une centaine, et n’offrent plus de nouveaux droits à pension. Dans ce deuxième pilier, figure également l’épargne salariale à vocation retraite (PPESV).

Dans le troisième pilier, on trouve les plans d’épargne individuelle : PEP, PEA, PEL. Selon les données recueillies par l’Afpen, ces trois piliers regroupent 244 milliards d’euros dont 67,2% pour le premier pilier, 5,6% pour le deuxième et, enfin, 27,2% pour le troisième.
Nora AZOUZ

Paru dans Entreprise & Carrières, N° 627 du 25/06/2002
Auteur(s) : NORA AZOUZ